2005 - Année de l'Eucharistie
L'Eucharistie, une passion de Jésus Christ
(Textes qui ont paru dans le feuillet paroissial des 3, 10, 17 et 24 avril ainsi que le 1er mai 2005.)
(Texte du 3 avril 2005)
L'Eucharistie, une passion
de Jésus Christ... pour la vie.
Jésus Christ, un passionné pour la vie.
Jésus Christ était un homme passionné pour la vie: "Je
suis venu pour que les hommes aient la vie et qu'ils l'aient en
abondance".
(Jn 10,10) Sa présence auprès des malades leur donnait un
regain de vie. Pensons aux boiteux, aux lépreux, aux sourds...
C'est aussi une vie de bonheur que Jésus est venu nous apporter.
Jésus incarne la présence du Dieu de la vie dans notre monde.
Il nous rappelle constamment par ses paroles et par ses gestes
que la vie est précieuse, qu'elle l'emporte sur la mort... sur
toutes les petites morts que sont l'échec, la maladie, la peur,
la violence... et sur la grande mort qu'il est venu ouvrir sur la
vie.
L'Eucharistie, signe de la passion de Jésus pour la vie.
C'est un Jésus passionné pour la vie qui nous laisse l'Eucharistie,
qui nous convie à l'Eucharistie. Il connaissait, il connaît
encore notre désir de vie, d'une vie qui soit harmonieuse,
profonde, nourrissante. Il a rencontré, chaque jour, des gens
affamés de vie et leur a dit et redit: "Moi, je suis le
pain de vie". (Jn, 6,35)
Saint Jean a longuement réfléchi sur ces paroles de Jésus. Il
nous partage ce désir de Jésus que tous les gens, de tous les
temps, puissent goûter à sa vie, se nourrir de sa vie comme d'un
bon pain qui rassasie pleinement. Sa passion pour la vie, la
nôtre, son amour, Jésus nous les transmet dans son corps livré
pour que nous puissions partager sa vie au jour le jour, de
dimanche en dimanche.
Faire Eucharistie:
- c'est laisser la vie de Jésus ressuscité entrer en nous.
- c'est communier à cette vie, l'accueillir dans notre existence
de chaque jour.
Faire Eucharistie:
- c'est aussi prendre tellement goût à la vie qu'elle nous
pousse à la partager, comme Jésus, à tous ceux et celles qui
la recherchent, à tous ceux et celles qui sont en quête d'espérance
et d'amour.
La célébration eucharistique dominicale c'est une célébration
de la vie. Lors d'un prochain dimanche, en rejoignant d'autres
croyants et croyantes, nous pourrons célébrer ensemble cette
vie que le Christ nous a donnée, sa vie offerte, livrée par
amour pour que tous en soient remplis en plénitude, au jour le
jour.
(Texte du 10 avril 2005)
L'Eucharistie, une passion
de Jésus Christ... pour les personnes.
Jésus Christ, un passionné d'amour pour les personnes.
Toute sa vie, Jésus s'est tourné vers les personnes qu'il
rencontrait avec la même passion d'amour qui le gardait tourné
vers son Père. C'est l'amour qui habitait Jésus qui le rendait
si proche, si attentif, si miséricordieux. Les publicains, la
femme adultère, le larron, les pharisiens, Pierre, tous ont eu l'occasion
de laisser cet amour transformer leur vie.
Jésus a exprimé son amour jusqu'à la "passion", une
grande "passion" où il a livré lui-même sa vie pour
ceux qu'il aimait. Rien, ni personne n'aurait pu l'empêcher d'aller
au bout de l'amour qu'il partageait avec son Père pour chacun de
nous. Il a "sacrifié" sa vie, l'a offerte librement,
gratuitement, pour nous faire saisir tout le prix de la nôtre à
ses yeux. Un amour pareil c'est parfois difficile d'y croire,
difficile à accueillir. Jésus a inventé l'Eucharistie pour
redire à tout être humain, de tous les temps: "C'est ainsi
que je vous aime".
L'Eucharistie, expression de l'amour passionné de Jésus
pour les personnes.
Saint Jean ne raconte pas l'institution de l'Eucharistie dans son
récit du dernier repas avec les disciples. L'amour extrême de
Jésus pour chacun de nous, il le traduit par le geste du
lavement des pieds.
A l'Eucharistie, nous arrivons souvent les pieds sales,
écorchés par la vie. Les pieds usés, hésitants, lourds. Et
Jésus nous aime ainsi jusqu'à l'extrême. En touchant notre
vulnérabilité, il guérit nos blessures. Il enlève la
poussière de nos pieds par un geste où l'amour se fait douceur,
patience et miséricorde. Puis il nous dit: En vous laissant
gagner par l'amour que je vous porte, refaites ce geste en mon
nom, de la même façon, sans reproche, sans condition, en
mémoire de moi.
Faire Eucharistie, c'est accepter de nous laisser laver les pieds
par Jésus, accepter de nous laisser aimer à l'extrême,
accepter de prendre part à l'amour.
Faire Eucharistie, c'est laisser l'amour de Jésus nous gagner au
point de refaire pour les uns et les autres un geste d'amour
simple, humble, extrême. En mémoire de lui.
A chaque Eucharistie Jésus vient nous redire jusqu'où l'amour l'a
poussé. Il vient refaire nos réserves d'amour avec lui, nos
réserves d'amour mutuel. Il se met à genoux devant nous, nous
priant d'accepter d'être lavés, d'être aimés, d'avoir part à
son amour.
(Texte du 17 avril 2005)
L'Eucharistie, une passion
de Jésus Christ... pour la Parole.
Jésus Christ, un passionné de la Parole.
Jésus connaissait bien les Ecritures. Visiblement il s'en est
nourri et elles étaient très présentes dans sa vie. Il se rend
régulièrement à la synagogue et c'est en lisant un passage du
prophète Isaïe que se dessine toute sa mission: "L'Esprit
du Seigneur est sur moi... Il m'a envoyé proclamer aux captifs
la libération, et aux aveugles le retour à la vue..." (
Luc 4,18)
Les Ecritures étaient, pour Jésus, son pain de vie. Comme elles
avaient éclairé toute l'expérience de son peuple, Jésus s'y
référait constamment pour y découvir le sens de sa vie, de sa
mission, de sa relation au Père.
L'Eucharistie, expression de la passion de Jésus Christ
pour la Parole.
Jésus a développé un lien particulier avec les Ecritures. Non
seulement elles éclairaient ses choix et ses décisions, mais à
travers l'histoire de son peuple, il a vu se dessiner le mystère
de sa propre vie. La recherche du Dieu véritable, il l'a
expérimentée. La libération d'Egypte et la réalisation de la
Promesse se sont poursuivies dans ses gestes de libération. Le
lien des rois avec les pauvres, il l'a vécu lui aussi. Comme les
prophètes, il a été rejeté par son peuple. Ce qui était
proclamé dans l'Ecriture est devenu réalité dans sa propre vie.
Faire Eucharistie, c'est faire silence pour laisser la Parole de
Dieu éclairer nos expériences de vie: nos choix, nos décisions,
nos engagements, la remise en question de nos valeurs, notre
propre chemin de souffrance et de mort... C'est prendre
conscience que des paroles de notre entourage sont paroles de
Dieu pour nous.
Faire Eucharistie, c'est entrer ensemble, comme communauté, dans
le grand mouvement de salut instauré depuis la libération d'Egypte
en passant par la mort de Jésus pour nous rejoindre, aujourd'hui,
dans nos besoins de libération. C'est la Parole de Dieu qui nous
permet de saisir ce grand mouvement et d'y entrer.
De dimanche en dimanche, la Parole de Dieu proclamée et
commentée nous est proposée communautairement pour qu'elle
fasse écho dans notre vie de communauté. La fraction du pain,
comme à la Cène, comme à Emmaüs, ne se fera que sur notre
propre vie, personnelle et communautaire, sur laquelle la Parole
aura fait surgir un sens nouveau.
(Texte du 24 avril 2005)
L'Eucharistie, une passion de Jésus Christ... pour l'unité.
Jésus Christ, un passionné pour l'unité, la communion.
Le grand rêve de Jésus: rassembler dans l'unité les enfants de
Dieu. Ce rêve, Jésus l'a poursuivi toute sa vie. Mais Jésus a
été bien conscient aussi du refus de son peuple de faire l'unité.
Au soir de la Cène, sa prière pour l'unité se fait intense:
" Père, ... je leur ai donné la gloire que tu m'as donnée
pour qu'ils soient un comme nous sommes un." (Jn 7,22)
L'Eucharistie, signe de la passion de Jésus pour l'unité.
Son grand désir, la veille de sa mort, c'est que cet amour passe
en nous pour que nous en vivions, pour que nous soyons un avec
lui et avec son Père. Tout cela lui tenait tellement à coeur qu'il
en a fait non seulement l'objet de sa prière la veille de sa
mort, mais qu'il nous a aussi laissé l'Eucharistie pour refaire
nos réserves d'amour et de communion. L'Eucharistie, c'est le
don de l'amour qui crée la communion, nous unit les uns aux
autres en même temps en communion les uns avec les autres. Nous
refaisons l'unité première que le Père a voulue pour l'humanité.
Faire eucharistie, c'est désirer cette communion avec Jésus
comme lui l'a désirée pour nous: "J'ai tellement désiré
manger cette Pâques avec vous..." (Luc 22,15)
Faire eucharistie, c'est visiblement vivre en communion avec nos
proches, les gens de nos communautés. C'est travailler à l'unité
dans les organismes où nous sommes impliqués, c'est collaborer
à la construction d'un monde sans frontières.
Chaque dimanche, la communauté est convoquée à venir
célébrer l'Eucharistie, célébrer tous ces gestes de communion
avec le Père, le Fils et entre nous. Nous rassembler, c'est
déjà être signes, dans notre monde, que la communion est
possible, qu'au-delà de l'individualisme ambiant, des rêves de
communion persistent et construisent l'unité à laquelle notre
grand village global aspire.
(Texte du 1er mai 2005)
L'Eucharistie, une passion de Jésus
Christ... pour le Père.
Jésus Christ, un passionné du Père.
Jésus était un homme passionné pour son Père. Il vivait en
communion profonde avec lui. Tout l'évangile nous laisse voir
que Jésus était tourné vers son Père dans l'action de grâce.
Son attitude entraîne aussi la foule qui l'accompagne à rendre
grâce à Dieu. Souvent les évangélistes mentionnent que la
foule est émerveillée de ce qu'il accomplit et qu'elle rend
gloire à Dieu.
Cette reconnaissance continuelle, Jésus a voulu la signifier d'une
façon spéciale, unique, en rendant grâce sur le pain et le vin
lors du dernier repas avec ses disciples, la veille de sa mort.
Symboliquement, c'est sur son corps et son sang, sur sa vie
entière, qu'il rend grâce à son Père. A la fin de sa vie,
tout comme au début, Jésus se reçoit du Père et s'offre à
lui dans l'action de grâce.
L'eucharistie, action de grâce de Jésus à son Père.
Avant de mourir, il a rassemblé tous les moments de sa vie dans
un grand geste d'action de grâce.
"Prenant le pain, il rendit grâce."
Le pain, symbole de toutes ses rencontres, bonnes comme du bon
pain, de ses marches, de ses fatigues, de ces soirs où il était
rentré rompu par les foules affamées de sa parole, brisé par l'incompréhension
de certains. Il rend grâce à son Père. C'est lui qui lui a
donné sa vie.
"Prenant la coupe de vin, il rendit grâce."
Le vin, symbole de la joie, de la fête, de ces moments où, en
le partageant, s'étaient soudées de belles solidarités. Mais
aussi le vin de la souffrance, de la solitude. Celui qui avait
parfois le goût amer des refus, des luttes de pouvoir, de la
haine. Alors, en toute conscience, il se tourne vers le Père et
lui rend grâce. Ce vin, c'est aussi la vie, la sienne comme la
nôtre. Malgré ses difficultés, elle est don du Père. Tout est
accueilli, tout est donné dans un grand merci. Quelle belle
relation entre le Père et le Fils!
Faire eucharistie, c'est vivre dans l'action de grâce pour la
vie que le Père nous donne, avec ses joies, ses difficultés,
ses tendresses, ses peines...
Faire eucharistie, c'est, entraînés par Jésus, partager dans l'action
de grâce notre pain et notre vin avec tous ceux et celles qui
trouvent leur pain trop dur, leur vin trop amer.
Chaque dimanche, nous sommes conviés à nous rassembler pour
rendre grâce au Père par le Christ, avec lui et en lui. En nous
unissant ainsi à tous les catholiques du monde, nous ouvrons
notre humanité à l'accueil du don de Dieu et nous la faisons
ainsi participer à son grand courant d'amour.
Inspiré de: Fiches d'animation sur l'eucharistie, Diocèse de Nicolet, janvier 2005